“Ceux que je suis” d’Olivier Dorchamps lauréat du prix littéraire Charles de Gaulle 2020

“Ceux que je suis” d’Olivier Dorchamps lauréat du prix littéraire Charles de Gaulle 2020

ceux que je suis couverture

 

Le Prix de Gaulle, en 2020, c'est 5 classes de 2nde, 5 romans récents, des rencontres avec des auteurs/autrices et un partenariat avec une librairie. Ce Prix est destiné aux lycéens afin de sensibiliser les élèves à la variété des formes du roman et du récit et de leur donner des outils pour former leur esprit critique.

Ce projet est porté conjointement par des enseignantes de Lettres et des enseignantes documentalistes avec des libraires de la Librairie La Page. 

Après une année de lectures, les élèves des classes de 2nde ont pu voter en ligne pour le roman qu’ils avaient préféré. Ils ont choisi cette année encore un premier roman, "Ceux que je suis" d’Olivier Dorchamps, qui met en scène un personnage entre deux cultures, partant en quête de ses origines, suite au décès de son père. Ce récit, émouvant et drôle aussi, plein de tendresse, a touché nos élèves adolescents, parfois eux-mêmes confrontés à une situation identique, et sensibles à l’injustice que représente les discriminations de toutes sortes. Un vote qui révèle leur engagement à faire évoluer les mentalités !

 

Partage avec Olivier Dorchamps

 

Olivier DORCHAMPS 1 Sandrine CellardCrédit photo : Sandrine Cellard

Nos élèves avaient eu la chance de rencontrer Olivier Dorchamps en novembre. L'auteur avait alors répondu avec gentillesse et humour à toutes leurs questions concernant son parcours personnel et professionnel, ses écrivains préférés, le choix de ses personnages et du thème du roman, la façon dont il écrit,... Aujourd'hui, c'est un message très émouvant qu'il leur fait parvenir :

"Je suis sincèrement ravi et touché que les élèves du Lycée Français de Londres aient décerné le Prix Charles de Gaulle à "Ceux que je suis".

Je dirais même que je suis ému car il me semble que chacun de ces élèves est susceptible de témoigner d'un conflit d'identité similaire à celui de mes personnages, et de moi-même dans une certaine mesure.

J'ai eu la joie de discuter avec ces lycéens et de constater qu'ils représentent l'avenir cosmopolite dont nos sociétés occidentales font la promotion sans parvenir à l'offrir à leurs citoyens.

Certains des élèves que j'ai croisés sont le fruit de cinq cultures ; leurs grands-parents provenant de quatre pays différents et eux grandissant dans un cinquième, le Royaume-Uni. Parfois six pour ceux qui n'ont pas de sang français et étudient pourtant dans cette petite France que constitue le Lycée.

Bien entendu ces adolescents sont privilégiés (même si plusieurs m'ont confié qu'ils bénéficiaient de bourses) et certains le reconnaissent. Il serait aisé de le leur reprocher, de jouer les cyniques en présumant qu'ils ne quitteront jamais le confort de leur tour d'ivoire, mais je préfère parier que cette éducation pluriculturelle, cette sensibilité qui conduit à aborder l'étranger par le biais de la similitude et non le prisme de la différence - une ouverture d'esprit, un humanisme, une compassion et une saine curiosité envers l'autre - éveillera en eux le désir de faire du monde dans lequel ils vivront, a better place.

Plus l'âme humaine est généreuse, plus elle est heureuse et plus nos existences s'emplissent de sens. J'ai confiance que la majorité de leur génération en possède déjà le pressentiment.

Il existe en anglais un mot dont la subtilité est aujourd'hui bafouée par la langue française ; kindness que les dictionnaires traduisent par gentillesse et à laquelle les cuistres ont substitué bienveillance. On ne qualifiera jamais une personne de gentille de peur qu'elle y décèle une insulte, une faiblesse, alors qu'un acte de gentillesse est souvent l'arme la plus puissante pour désamorcer un conflit ; on préférera cependant se tartiner mutuellement de bienveillance passive et s'offrir une bonne conscience. Car si la bienveillance se complaît dans le retrait, la gentillesse, elle, s'illustre par l'action. Être gentil, c'est activement faire preuve de bonté, de douceur ou d'humanité, c'est rendre service sans contrepartie, tendre la main sans jugement, consoler sans compter son temps. Être bienveillant, c'est se borner à être bien disposé envers l'autre sans nécessairement faire le premier pas vers elle ou lui. Or l'humanité se définit par ce premier pas en même temps qu'elle s'y incarne et, à chacun de nos premiers pas, c'est toute l'Humanité qui progresse.

Je souhaite aux adultes que deviendront les élèves du Lycée Français Charles de Gaulle une vie remplie de premiers pas.

Do an act of kindness every day. It will nurture your soul and the world will be a better place for it. You hold the key."

 

Le témoignage des élèves

 

OdO Photo

 

 

Maya : “Un livre bien écrit, captivant et une trame narrative efficace”.

Amaya : “Une jolie couverture qui annonce bien les couleurs du Maroc”.

Elyès : “Le livre retrace bien les différents points de vue de personnes issues de cultures différentes ; un réel outil pour mieux comprendre les autres et un pas vers la tolérance“.

Victoire : “Livre qui traite d’un sujet d’actualité : les origines et le fait de vivre dans un autre pays ; roman très documenté“.

Lisa : “Touchant”.

Leith : “Les personnages sont complexes ( par exemple l’homme âgé Kabic quand il raconte à Marwan les histoires de son enfance au Maroc parvient à faire apparaître un univers et permet à Marwan de retrouver une part de l’identité marocaine qu’il avait oubliée ) et c’est cette densité dans la description des personnages qui permet au lecteur une proximité immédiate avec le récit”.

Zahra : “Facile à lire”.

Maximilian : “Le lecteur est immédiatement plongé dans l’histoire car les personnages (Marwan,…) sont particulièrement réalistes et crédibles”.

Tal : “Une proximité réussie avec la culture marocaine”.

Jérémy : “Une fin vraiment réussie”.

 

Sixtine, élève de 2nde8, a été inspirée par ce roman et partage son oeuvre avec nous :

Capture decran 2020 06 24 a 14.37.08

"J’ai choisi de réaliser un poème black-out à partir de la page 53 du roman d’Olivier Dorchamps car elle m’a particulièrement marquée. Le personnage principal, Marwan, critique le racisme dont il fait l’objet et relève les petites remarques faites par ceux qu’il côtoie et qui le blessent. Mon poème est constitué de dix vers et de deux strophes se terminant par l’expression « Juste des Arabes ». Cette expression souligne la lassitude et la frustration de Marwan face à la discrimination permanente qu’il subit, comme si son origine faisait de lui un être inférieur.
J’ai imprimé mon texte sur la carte de la France, symbole de la nationalité de Marwan, et à l’intérieur de celle-ci, la carte du Maroc. Ce pays fait partie de lui, qu’il le veuille ou non, et marque d’ailleurs son visage. C’est pourquoi il fait l’objet de préjugés qui le mettent mal à l’aise et rendent ses origines si difficiles à accepter. Il fait donc tout pour les oublier et faire disparaître cette part de lui-même. Au fur et à mesure du récit, il apprend à l’accepter.
Ce roman m’a permis de réaliser que le racisme est toujours présent aujourd’hui même s’il paraît plus subtil qu’avant. De plus la question de l’identité est une chose à laquelle nous pouvons être confrontés, surtout pendant l’adolescence. Je me suis donc sentie concernée par le thème principal de l’histoire. Finalement, au fil des anecdotes familiales, je me suis attachée aux personnages et le suspense m’a empêchée de fermer le livre avant la fin de ce récit émouvant."

 

ceux que je suis couverture

 

Le Prix de Gaulle, en 2020, c'est 5 classes de 2nde, 5 romans récents, des rencontres avec des auteurs/autrices et un partenariat avec une librairie. Ce Prix est destiné aux lycéens afin de sensibiliser les élèves à la variété des formes du roman et du récit et de leur donner des outils pour former leur esprit critique.

Ce projet est porté conjointement par des enseignantes de Lettres et des enseignantes documentalistes avec des libraires de la Librairie La Page. 

Après une année de lectures, les élèves des classes de 2nde ont pu voter en ligne pour le roman qu’ils avaient préféré. Ils ont choisi cette année encore un premier roman, "Ceux que je suis" d’Olivier Dorchamps, qui met en scène un personnage entre deux cultures, partant en quête de ses origines, suite au décès de son père. Ce récit, émouvant et drôle aussi, plein de tendresse, a touché nos élèves adolescents, parfois eux-mêmes confrontés à une situation identique, et sensibles à l’injustice que représente les discriminations de toutes sortes. Un vote qui révèle leur engagement à faire évoluer les mentalités !

 

Partage avec Olivier Dorchamps

 

Olivier DORCHAMPS 1 Sandrine CellardCrédit photo : Sandrine Cellard

Nos élèves avaient eu la chance de rencontrer Olivier Dorchamps en novembre. L'auteur avait alors répondu avec gentillesse et humour à toutes leurs questions concernant son parcours personnel et professionnel, ses écrivains préférés, le choix de ses personnages et du thème du roman, la façon dont il écrit,... Aujourd'hui, c'est un message très émouvant qu'il leur fait parvenir :

"Je suis sincèrement ravi et touché que les élèves du Lycée Français de Londres aient décerné le Prix Charles de Gaulle à "Ceux que je suis".

Je dirais même que je suis ému car il me semble que chacun de ces élèves est susceptible de témoigner d'un conflit d'identité similaire à celui de mes personnages, et de moi-même dans une certaine mesure.

J'ai eu la joie de discuter avec ces lycéens et de constater qu'ils représentent l'avenir cosmopolite dont nos sociétés occidentales font la promotion sans parvenir à l'offrir à leurs citoyens.

Certains des élèves que j'ai croisés sont le fruit de cinq cultures ; leurs grands-parents provenant de quatre pays différents et eux grandissant dans un cinquième, le Royaume-Uni. Parfois six pour ceux qui n'ont pas de sang français et étudient pourtant dans cette petite France que constitue le Lycée.

Bien entendu ces adolescents sont privilégiés (même si plusieurs m'ont confié qu'ils bénéficiaient de bourses) et certains le reconnaissent. Il serait aisé de le leur reprocher, de jouer les cyniques en présumant qu'ils ne quitteront jamais le confort de leur tour d'ivoire, mais je préfère parier que cette éducation pluriculturelle, cette sensibilité qui conduit à aborder l'étranger par le biais de la similitude et non le prisme de la différence - une ouverture d'esprit, un humanisme, une compassion et une saine curiosité envers l'autre - éveillera en eux le désir de faire du monde dans lequel ils vivront, a better place.

Plus l'âme humaine est généreuse, plus elle est heureuse et plus nos existences s'emplissent de sens. J'ai confiance que la majorité de leur génération en possède déjà le pressentiment.

Il existe en anglais un mot dont la subtilité est aujourd'hui bafouée par la langue française ; kindness que les dictionnaires traduisent par gentillesse et à laquelle les cuistres ont substitué bienveillance. On ne qualifiera jamais une personne de gentille de peur qu'elle y décèle une insulte, une faiblesse, alors qu'un acte de gentillesse est souvent l'arme la plus puissante pour désamorcer un conflit ; on préférera cependant se tartiner mutuellement de bienveillance passive et s'offrir une bonne conscience. Car si la bienveillance se complaît dans le retrait, la gentillesse, elle, s'illustre par l'action. Être gentil, c'est activement faire preuve de bonté, de douceur ou d'humanité, c'est rendre service sans contrepartie, tendre la main sans jugement, consoler sans compter son temps. Être bienveillant, c'est se borner à être bien disposé envers l'autre sans nécessairement faire le premier pas vers elle ou lui. Or l'humanité se définit par ce premier pas en même temps qu'elle s'y incarne et, à chacun de nos premiers pas, c'est toute l'Humanité qui progresse.

Je souhaite aux adultes que deviendront les élèves du Lycée Français Charles de Gaulle une vie remplie de premiers pas.

Do an act of kindness every day. It will nurture your soul and the world will be a better place for it. You hold the key."

 

Le témoignage des élèves

 

OdO Photo

 

 

Maya : “Un livre bien écrit, captivant et une trame narrative efficace”.

Amaya : “Une jolie couverture qui annonce bien les couleurs du Maroc”.

Elyès : “Le livre retrace bien les différents points de vue de personnes issues de cultures différentes ; un réel outil pour mieux comprendre les autres et un pas vers la tolérance“.

Victoire : “Livre qui traite d’un sujet d’actualité : les origines et le fait de vivre dans un autre pays ; roman très documenté“.

Lisa : “Touchant”.

Leith : “Les personnages sont complexes ( par exemple l’homme âgé Kabic quand il raconte à Marwan les histoires de son enfance au Maroc parvient à faire apparaître un univers et permet à Marwan de retrouver une part de l’identité marocaine qu’il avait oubliée ) et c’est cette densité dans la description des personnages qui permet au lecteur une proximité immédiate avec le récit”.

Zahra : “Facile à lire”.

Maximilian : “Le lecteur est immédiatement plongé dans l’histoire car les personnages (Marwan,…) sont particulièrement réalistes et crédibles”.

Tal : “Une proximité réussie avec la culture marocaine”.

Jérémy : “Une fin vraiment réussie”.

 

Sixtine, élève de 2nde8, a été inspirée par ce roman et partage son oeuvre avec nous :

Capture decran 2020 06 24 a 14.37.08

"J’ai choisi de réaliser un poème black-out à partir de la page 53 du roman d’Olivier Dorchamps car elle m’a particulièrement marquée. Le personnage principal, Marwan, critique le racisme dont il fait l’objet et relève les petites remarques faites par ceux qu’il côtoie et qui le blessent. Mon poème est constitué de dix vers et de deux strophes se terminant par l’expression « Juste des Arabes ». Cette expression souligne la lassitude et la frustration de Marwan face à la discrimination permanente qu’il subit, comme si son origine faisait de lui un être inférieur.
J’ai imprimé mon texte sur la carte de la France, symbole de la nationalité de Marwan, et à l’intérieur de celle-ci, la carte du Maroc. Ce pays fait partie de lui, qu’il le veuille ou non, et marque d’ailleurs son visage. C’est pourquoi il fait l’objet de préjugés qui le mettent mal à l’aise et rendent ses origines si difficiles à accepter. Il fait donc tout pour les oublier et faire disparaître cette part de lui-même. Au fur et à mesure du récit, il apprend à l’accepter.
Ce roman m’a permis de réaliser que le racisme est toujours présent aujourd’hui même s’il paraît plus subtil qu’avant. De plus la question de l’identité est une chose à laquelle nous pouvons être confrontés, surtout pendant l’adolescence. Je me suis donc sentie concernée par le thème principal de l’histoire. Finalement, au fil des anecdotes familiales, je me suis attachée aux personnages et le suspense m’a empêchée de fermer le livre avant la fin de ce récit émouvant."

 

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